Que faut-il faire pour être payé quand on est correspondant de presse?

Aujourd'hui, je suis véritablement en pétard! Depuis plus d'un an je travaille comme correspondante de presse. Un boulot plutôt sympa, "rémunéré mais non salarié" comme il est régulièrement noté dans les annonces  publiées dans le journal local dont il est question. Quand on prend ce job, on accepte d'être payé au trimestre "parce que tous les mois, vous comprenez, les sommes n'étant pas conséquentes, ce serait ridicule!" vous explique-t-on. On accepte d'être payé à l'article paru (si un article ne paraît pas, on accepte donc de l'avoir rédigé pour rien, et parfois même d'avoir fait des kilomètres pour rien) Tout cela est clair dès le début, on l'accepte ou on fait autre chose. Seulement voilà, un trimestre, c'est bien trois mois consécutifs, non? Le premier trimestre c'est donc bien: "janvier-février-mars", on est bien d'accord? On peut donc espérer être payé début avril, enfin dans la première quinzaine...au moins courant avril en tout cas!... Comment ça, courant mai ce serait un peu abuser? Que dire alors quand arrivé le 20 mai, il n'y a toujours pas de chèque dans la boîte à lettres. Allez expliquer à votre banquier que c'est votre employeur qui ne vous a toujours pas payé depuis début janvier... Il va vous regarder avec des yeux étonnés et sera à deux doigts d'appeller les urgences psychiatriques car un employeur ne se permettrait jamais une telle chose! Alors vous ne dites rien et vous pensez "le chèque sera sûrement là demain alors je peux faire un chèque quand même" car il faut bien mettre du gasoil dans la voiture si on veut continuer à bosser. Car on en a besoin des sous, même si c'est peu payé pour le mal qu'on se donne, on a accepté ça au début, on n'a rien à redire sur les tarifs! Alors tant pis pour vous, un premier chèque rejeté, puis un second et les frais commencent à s'accumuler!... Vous aviez choisi ce boulot car c'était sympa à faire, intéressant et un peu plus valorisant que les quelques heures de ménages qu'on veut bien laisser faire à une personne qui a été mère au foyer pendant plus de quinze ans. Mais aujourd'hui, vous vous dites que vous auriez peut-être mieux fait de continuer à nettoyer chez les autres quelques heures par semaines plutôt que de vouloir faire un boulot un peu plus intéressant. Vous regrettez d'avoir cru que votre travail était appécié. Vous regrettez d'avoir mis un point d'honneur à rester jusqu'au bout des assemblées générales et autres réunions pour vous intéresser vraiment à ce qui se dit plutôt que de vous contenter de prendre une photo vite fait et de vous limiter à trois ou quatre lignes "bateau" pour faire un article qui de toute manière ne rapportait pas plus (7,70€ pour un reportage courant et seulement 4,70€ pour une photo légende).

Aujourd'hui je regrette amèrement d'avoir fait confiance à ce journal et d'avoir participé à l'augmentation de ses ventes sur le secteur de La Ferté-Macé car oui, les ventes ont augmentées depuis que je me charge de ce secteur, on me l'a dit, on m'a félicitée pour ça il y a quelques temps. Mais quand j'ai réclamé le trimestre dernier pour mon chèque qui tardait déjà à venir on m'a dit: "c'est normal, le comptable est parti en congé et puis il fait en fonction de la trésorerie..." Et bien moi aussi il faut bien que je fasse en fonction de ma trésorerie et là, elle est au pluis mal!!! Alors moi aussi je prends des congés mais pas des congés payés: des congés forcés! J'ai démissionné! Un vrai luxe par les temps qui courent! Mais je n'ai pas le choix, je ne peux plus mettre de carburant dans ma voiture! Je ne vais pas faire un chèque en bois au risque de me retrouver en prison pour chèque sans provision, car oui, on peut faire deux mois de prison pour un chèque sans provision! Je ne travaille donc plus pour Le Courrier de La Mayenne et j'aimerais beaucoup que d'autres correspondants se disent au même moment: "Et si on décidaient de ne pas envoyer d'articles rien qu'une semaine pour voir comment ils se débrouillent sans nous..." Je serais curieuse de voir les pages vides de cet hebdomadaire sans les articles des correspondants car je ne crois pas que les seuls journalistes auraient le temps de trouver de quoi les remplir...

Voilà, c'était mon coup de gueule du jour!

Sur ce, je retourne travailler sur mon projet de livre pour enfants, ça ne me rapportera peut-être rien non plus mais là, on ne m'a rien promis, si tel est le cas, je n'aurai à m'en prendre qu'à moi-même.

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